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OPI x PERU First shade #1 « LIMA TELL YOU ABOUT THIS COLOR »

OPI x PERU First shade #1 « LIMA TELL YOU ABOUT THIS COLOR »

Pour cette première teinte « Lima Tell You About This Color », Lima veut vous parler de sa couleur: le rose!

Pourquoi le rose? Parce que Lima n’a pour autre Sainte Patronne que Santa Rosa de Lima appelée ainsi car son visage angélique rappelait soi-disant une rose; elle est donc quasiment toujours couronnée de ces fleurs.

 

Si Lima est connue pour sa grisaille habituelle, le rose pourrait en être l’autre couleur représentative. Pour nous, cette teinte évoque la couleur du ciel quand le soleil se couche, les roses en fleur des parcs et des jardins sur la jetée, notamment le « Parque del Amor » face à l’Océan dans le quartier de Miraflores, les fillettes et jeunes filles des rues et celles des spectacles de danse, plus particulièrement de « marinera », la danse locale avec notre petite ambassadrice Leah parée de sa jupe plissée d’un rose éclatant…

Voyageons un peu dans le temps, en 2014, lorsque nous avons découvert la ville pour la première fois…

Impressions [soleil couchant]! et patchwork de photos qui est aussi LE Carnet de Tendances de las Sirenas Incaicas version OPI x Peru!

Récit

Lundi 6 janvier 2014,

Le premier weekend à Lima est passé, nous avons besoin de faire de plus grosses courses que celles que nous pouvons faire chez Doña Teresa, c’est parti ! Monica nous emmène au centre commercial le plus proche et nous guide jusqu’au supermarché Plaza Vea, où les caissières ressemblent à des danseuses, chignons et fleurs rouges de rigueur, sourires en plus ! Les courses, tâches quotidiennes par excellence mais encore une raison de plus de s’émerveiller du bonheur de vivre à la liménienne pour nos yeux assoiffés de curiosité.

Bref, le trajet en micro et tous ceux qui ont suivi sont mémorables et pour cause ! Le « micro » porte bien son nom en raison de sa petite taille où les gens y font des trajets de tous types, du très court au très long. Les micros datent de Mathusalem pour la plupart et roulent avec fureur dans les rues de la capitale, se lançant même dans des courses de vitesse effrénées, il n’y a qu’à bien s’accrocher… mais à quoi ? ! Tout y est de travers et bien vétuste mais les roues roulent, le carburant carbure, il n’en faut pas plus.

 Ce rythme- car c’est un véritable rythme dont il s’agit- est toujours accompagné de musique latine bien sûr ; que ce soit la radio, un CD ou encore des musiciens de fortune montés à la va-vite en marche, parfois des petits enfants ou des adolescents en mal de vivre… Les mélodies donnent au micro toute sa beauté déglinguée, sa réalité presque tragique au fil des différents quartiers pittoresques, parfois bien malgré eux ! On ressent l’âme du voyage, du quotidien réinventé nous qui avons plus l’habitude des transports aseptisés d’Ile-de-France, encore que… Les gens du micro sont plutôt taciturnes mais pas hostiles, quand il y a beaucoup d’effervescence on peut se retrouver sur les genoux du conducteur ou presque (comme sur le trajet pour rentrer de la Bibliothèque Nationale San Borja, Avenida Aviación, où Olyan et moi nous retrouvons en face du pare-brise à discuter avec le conducteur et les autres gens à côté !). Notons l’allure incroyable des micros ! Avec une carrosserie colorée mais souvent décrépie, des icônes de la Vierge et du Christ ou encore de Santa Rosa, les micros ressemblent à des jouets abandonnés, des passerelles entre tradition et modernité déjà dépassée. Les micro constituaient encore durant ce voyage l’identité chaotique du trafic routier liménien, sa poésie de rue, son joyeux bordel parmi les pots d’échappements et les klaxons (interdits bien sûr !), ils défilent et il y en a toujours un à prendre, à rater ou à récupérer. Les trajets étaient ponctués de dialogues, de directions indiquées par les « contrôleurs », ou plutôt des braves personnes (hommes ou femmes) qui passent leur temps à suivre le micro et sa vitesse folle, à monter en marche et à contrôler les tickets dans toutes les situations. « Óvalo Miraflores », « Paseo Colón », « Toda Arequipa » sont quelques bribes retenues de nos principaux repères à Lima. S/1 pasaje, S/1 la glace vendue à bord des micro par les agents de D’Onofrio, t-shirt jaune et marque en bleue, casquette, et glacière, rivaux des vendeurs de marcianos, ces « Mister Freez » locaux. Le trajet en micro est une expérience pleine de vie, où la mort nous frôle à chaque instant… avec un sourire à la fois bienveillant et cynique ! Nos déplacements en micro sont bien plus que de simples déplacements, ils nous ont permis de nous sentir imprégnées du Pérou, chez nous. Les paroles des chansons deviennent familières et ne nous quittent plus. Aussi, les gens deviennent des figures marquées dans le paysage, dans nos têtes, avec leurs costumes pour le travail, leurs débardeurs et marcels, tatouages torturés, bijoux fantaisie et autres… On ressent toujours la vibration du micro, comme un voyage dans le voyage, au plus près de la découverte de ce pays.

Premier marché dans Lima, Mercado Central de Abancay avec Monica

            On était toutes les trois venues au marché d’Abancay pour flâner et surtout se trouver une belle poignée de boucles d’oreilles à chacune à un prix défiant toute concurrence ! Après avoir traversé la place, entourée de masseuses-guérisseuses en blouse et de commerçants en tous genre, nous nous sommes arrêtées : là ; une femme s’est mise à chanter. Ce n’était pas une vendeuse, encore moins une touriste, mais une chanteuse péruvienne en costume de gala traditionnel ; avec une jupe brodée multicolore et les cheveux tirés, elle était assez jeune et plutôt jolie. Quand elle s’est mise à chanter, une sensation indescriptible nous a transpercée le cœur à Kyra et moi, une émotion si forte, si profonde et mystérieuse à la fois. Une sorte d’envoûtement au milieu de ce temps gris et mélancolique, si caractéristique de Lima de los Reyes… Son chant sortait du plus profond de ses entrailles et faisait naître en nous des sanglots de tristesse mélangés à je-ne-sais-quoi de beaucoup plus élevé… Les hommes la regardaient, comme dans à peu près n’importe quelle situation populaire où une femme se met en scène, mais oui, quelque chose de beaucoup plus puissant s’exprimait là, un cœur typique, un cri vernaculaire dans cette banalité un peu théâtrale. Cette petite chanteuse d’Abancay est devenue pour nous, voyageuses venues d’Europe, « la chanteuse d’Abancay », celle qui a fait résonner le son de l’accomplissement du rêve, juste à travers les notes d’une mélodie pleine d’ingénuité et de souffrances, de pureté et de puissance.

Je crois que c’est peut-être à ce moment précis que nous avons réalisé à quel point le rêve était palpable, après notre arrivée depuis l’aéroport et la découverte des premiers paysages liméniens, nous étions bel et bien au Pérou, cet Eldorado pour nous…

 

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