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Portrait de Sarah Marquis « On naît aventurier(e) »

Portrait de Sarah Marquis « On naît aventurier(e) »

« L’aventure est avant tout un état d’esprit, une façon de voir les choses. Une démarche souvent solitaire qui réveille le fondement de l’homme, de ses choix, de sa curiosité. Partir à l’aventure, c’est se dépasser, sentir avec son corps, ses sens et son esprit les fondations de notre être et de notre animalité… »

 

Après la lecture de deux ouvrages signés Sarah Marquis (Sauvage par nature: De Sibérie en Australie-Trois ans de marche extrême en solitaire, 2014 et Déserts d’altitude: Du Chili au Machu Picchu, Huit mois à pied sur la Cordillère des Andes, 2015), Sirenas Incaicas vous propose de découvrir l’âme de cette aventurière-née (elle a remporté le prix européen de l’Aventurier de l’année 2013 et en 2014 elle a été sélectionnée pour le prix Aventurière de l’année du magazine National Geographic) dont les expéditions nous ont fascinées.

Sarah Marquis est née en 1972 (comme notre maman!) en Suisse et a découvert sa passion furieuse pour la marche dès l’enfance. Son destin tracé, voilà près de vingt-cinq ans  qu’elle parcourt le monde à pied! Elle a traversé les États-Unis, marché 14 000 kilomètres dans l’Outback australien et 7000 kilomètres sur la Cordillère des Andes, elle décide d’écrire ses aventures dont nous nous sommes régalées en tant que lectrices…

En effet, il y avait bien longtemps qu’il ne nous était pas arrivé de « dévorer » un livre en moins de deux jours (environ 48h pour Sauvage par nature et moins de 24h pour Déserts d’altitude!) Aussi, nous avons envie de partager ce profil atypique d’une femme déterminée et courageuse, prête à vivre sa passion pour la marche et la nature à 1000% en dépit de tous les obstacles qui ont parsemés son chemin.

Et le temps-record de lecture de ses livres(carnets de bord-carnets de voyage) semblent être à la mesure de ses exploits à travers les différents espaces qu’elle a traversé, la plupart du temps SEULE au milieu de l’univers, à la force de ses jambes, dont elle a repoussé les limites à chaque fois.

Lorsque Sarah Marquis prend la plume, c’est en toute humilité qu’elle nous fait partager son aventure, ses voyages dans toute leur splendeur mais aussi dans toute leur complexité, et c’est sûrement cette incroyable simplicité qui rend la lecture aussi agréable, captivante, passionnante. Elle nous emmène avec elle dans ses combats avec la détermination on ne peut plus profonde d’atteindre le but de ses différentes expéditions, en nous dépeignant des détails, des atmosphères, des sentiments (ses craintes, ses intuitions, ses choix), elle est telle un peintre qui nous fait contempler la beauté du monde par la magie de sa palette et de son pinceau.

Elle peint sous nos yeux curieux, aussi ébahis qu’admiratifs, des panoramas changeant d’un livre à l’autre et même d’une page à une autre d’un même livre, témoignant par là de l’immense diversité que la terre nous offre: des steppes mongoles aux déserts de sel du continent sud-américain, des ciels d’orage, de tonnerre ou de ceux à la robe azure immaculée, elle ne cesse de nous inviter à la contemplation, assis là avec elle, sur le sol, se délectant d’une tasse de thé brûlant: un plaisir devenu rituel pour cette marcheuse invétérée.

Défiant tous les préjugés instaurés par tout système social, toute création « humaine », elle cumule le fait d’être femme à son choix d’être végétarienne dans des conditions de survie où il aurait été inimaginable de garder des principes… Elle montre que c’est possible, poursuivant sans relâche son rêve, qui a fait d’elle cette femme -sirène hors de l’eau- à la force tranquille époustouflante.

Ses récits nous ont émus et celui de son parcours sur la Cordillère des Andes en particulier: sur la terre des Incas. Illustrés par de remarquables esquisses de son ami d’enfance Janis Lachat, elle raconte comment elle est arrivée, à pied, telle une « chaski » (les chaski étaient les messagers-athlètes de l’Inca, parcourant des kilomètres) aux portes de la cité du Machu Picchu: un El Dorado qui fût le nôtre, à Olyanna et moi, jusqu’à ce qu’on y parvienne en ce jour du 28 mars 2014, accompagnée de notre « Nusta », notre amie-sœur de cœur péruvienne Monica. Un jour sacré dont nous avons voulu garder la trace à-même la peau, hommage à nos tatoos-totems, telles des sirènes incaiques au paroxysme de leur bonheur. D’ailleurs, en guise de plaisanterie, nous avons dit à Monica après cette excursion et notamment la montée vertigineuse du Huayna Picchu (montagne depuis laquelle on est censée contempler la citadelle de Machu Picchu), que désormais on pouvait « mourir aujourd’hui »! Quand nous étions enfants, ma sœur et moi nous disions toujours que si nous n’allions pas au Pérou, nous aurions raté notre vie…

On s’était tracé un  chemin, forgé un destin qui, mystérieusement, était lié au continent sud-américain…

Nous vous recommandons donc ces magnifiques récits à lire, authentiques et surprenants, empreints d’une force incaique…

Et pour terminer, quoi de mieux qu’un peu de lyrisme, je (Kyralina) vous fais part de ce bref poème (daté du 7 février 2010):

 

Mes Andes

La Cordillère, comme un écho lointain souffle un air familier. Voyage, je t’espère.

Comme au creux de ma main, l’énigme ensoleillée de ma paume me déclare ce destin andin. Montagne, je te mire.

D’ici à là-bas, quelques lignes à lire quelque part. Un nulle part à trouver. Ailleurs. J’attends dans cette découverte si essentielle comme l’aspiration, comme le déploiement des ailes d’un condor surplombant un paysage de hauteur. Les Andes dans mon cœur, le regard vers cette terre brûlante et le déplacement des corps nous interpelle, comme un jaillissement de l’âme.

Histoire, par-delà ses ruines et ses vestiges glorieux, par-delà les fleuves incrédules sur les terres paysannes.

Je fauche la misère, comme la mort, je dessine un linceul pour l’injustice. J’enveloppe la lune dans un suaire d’espoir et la pluie tombe sur le carreau d’une fenêtre ouverte.

Attendez-moi !

J’irai. Que le futur m’est douloureux, comme un espoir à peine insinué, comme un rêve trop audacieux. Je porte en moi la solitude des peuples et je contemple les voix qui s’élèvent au-dessus de la liberté.

Mon voyage commence dans l’admiration d’une indignation, dans ses images d’exotisme et de vérité.

Il est la ligne tracée de nos vies.

 

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